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Enseignement supérieur : comment former et encourager les entrepreneurs de demain ?

Depuis 2013, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche mène une politique pour soutenir et développer l’entrepreneuriat étudiant. Cette politique articule formation à l’entrepreneuriat, reconnaissance des parcours entrepreneuriaux dans les cursus et accompagnement de la démarche entrepreneuriale des étudiants et des jeunes diplômés, notamment à travers le statut national d’étudiant-entrepreneur.

Parallèlement, l’entrepreneuriat a plus que jamais le vent en poupe en France et le nombre de créations d’entreprise atteint des records ces derniers mois.

Comment les établissements d’enseignement supérieur préparent-ils leurs étudiants à devenir des entrepreneurs ? Comment favorisent-ils l’esprit d’entreprendre ? Comment sécurisent-ils ces parcours ?

 

emlyon insuffle l’envie d’entreprendre

emlyon est l’école de l’entrepreneuriat par excellence. Logiquement, c’est un axe fort de la pédagogie de son programme Global Bachelor in Business Administration (BBA), avec, dès la deuxième année, un projet de création d’entreprise à mener en groupe de 5 ou 6 étudiants sur une période de 6 mois. Ce dispositif, « véritable épine dorsale du semestre » d’après Chantal Poty, directrice du Global BBA à emlyon, « a pour objectif d’une part de mettre en résonnance les apports théoriques dans un projet business, et d’autre part, d’insuffler aux étudiants l’envie d’entreprendre, de leur faire prendre confiance, ou encore de travailler leur posture entrepreneuriale. Il s’agit de semer la graine pour qu’ils comprennent la démarche, la méthodologie, les étapes et les liens avec un écosystème conduisant à la création d’une entreprise. Au démarrage, il y a un important travail d’idéation, avec des ateliers de créativité, puis le passage de l’idée à l’élaboration d’un business plan, jusqu’au pitch de présentation du projet, dans une démarche de levée de fonds par exemple. »

Ce dispositif, encadré par des intervenants du monde de l’entrepreneuriat, peut être poursuivi et remplacer le stage de 3ème année et de 4ème année, notamment via l’incubateur de l’école, ce qui représente 10 à 15% des étudiants chaque année.

 

ENISE : acquérir tout le background pour entreprendre

A l’ENISE, la démarche est similaire. « L’ENISE forme des ingénieurs de spécialité. Nos étudiants possèdent tout le background pour devenir des cadres dirigeants dans l’entreprise. L’école leur offre un apprentissage équilibré entre savoir technique et managérial. Ils ont donc toutes les clés pour créer ou reprendre une entreprise. » explique Philippe Bertrand, directeur de l’innovation et des relations entreprises, et enseignant chercheur à l’ENISE.

Chaque année à l’ENISE, les étudiants de dernière année ont le choix de tenter l’aventure entrepreneuriale, d’abord en réalisant, lors du premier semestre, la conduite d’un projet entrepreneurial, menant à l’élaboration d’un business model, puis s’ils le souhaitent, poursuivent vers l’incubation de leur projet lors du second semestre, et postulent au statut national d’étudiant entrepreneur (cf. encadré).

Si l’acquisition d’un savoir-faire est nécessaire, un savoir-être professionnel demeure essentiel pour créer une entreprise. Management de projet, créativité, innovation, design thinking, sont autant de leviers indispensables pour mener un projet entrepreneurial.

Patrick Laurent, enseignant et référent innovation, créativité et entrepreneuriat à l’ENISE explique : « les étudiants de l’ENISE qui ont un projet entrepreneurial sont très bien suivi, tant sur le plan technique qu’économique ou managérial. Sur le plan financier, ils bénéficient de l’appui de la Fondation ENISE, qui leur accorde des bourses et sécurisent ainsi leur projet. Ils bénéficient aussi du réseau entrepreneurial régional avec le Centre Entrepreneuriat Lyon Saint-Etienne, le PEPITE (Pôle Etudiant Pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepreneuriat) de l’UDL soit BEELYS (Booster l’Esprit d’Entreprendre Lyon Saint-Etienne), le concours Campus Création, la Fabrique de l’innovation, l’Université de Lyon et Université Jean Monnet, Telecom Saint-Etienne, Mines Saint-Etienne, Saint-Etienne Métropole, la Région, etc. C’est une vraie chance pour ceux qui ont des envies d’entreprendre. A l’ENISE ils peuvent y goûter, tester leurs idées, être bien accompagné, et bien sûr être diplômé. »

L’étape suivante peut être l’incubateur de l’ENISE, qui soutient les jeunes entreprises dont les activités sont en lien avec les spécialités de l’école à savoir génie civil, génie mécanique et génie sensoriel.

Engagement sociétal et environnemental : l’IRUP développe les envies d’entreprendre

L’IRUP propose des formations à l’entrepreneuriat spécifiques aux structures de l’économie sociale et solidaire de niveau bac+5. Des formations qui répondent aux besoins métiers et à l’engagement des étudiants, souvent dans le cadre d’une reconversion.

 

Chez Ethic Table, Louise Lahiani met ses compétences au service de l’insertion

Louise Lahiani est actuellement étudiante en Master « Développement des structures d’insertion et formation supérieure de leurs dirigeants » et directrice d’Ethic Table en alternance. En effet, après avoir passé 12 ans à la direction d’hôtels de luxe, elle a souhaité être plus en phase avec ses valeurs, et mettre ses compétences au service d’un secteur non capitalistique et plus vertueux. C’est ainsi qu’après un bilan de compétences, elle intègre l’aventure Ethic Table et son cursus à l’IRUP.

Ethic Table est une entreprise d’insertion dans le secteur de la restauration, comprenant un restaurant, un service traiteur et une cuisine centrale pour la restauration collective, sur les principes d’une alimentation saine et de proximité, privilégiant les circuits courts et les autres structures de l’ESS. Avec ses 10 salariés, l’entreprise a pour vocation d’insérer des personnes exclues du marché du travail, une première étape dans leur parcours de retour à l’emploi.

Grâce à son bagage et l’acquisition de compétences nouvelles, Louise Lahiani a pour objectif de développer et la structure, notamment avec l’ouverture, en fin d’année, d’une cuisine centrale qui permettra de doubler le nombre de salariés d’ici un an. Elle ambitionne de manière plus large, de transformer la restauration collective, avec un nouveau modèle et des produits 100% locaux.

 

 

Anouck Alarcon, diplômée de l’IRUP, concrétise son engagement à La Fourmilière

De son côté, Anouck Alarcon est aussi une jeune dirigeante de l’ESS stéphanoise, et elle aussi est passée par l’IRUP. Diplômée en 2019 du master Entrepreneur de l’Economie Sociale et Solidaire, d’abord stagiaire de la structure, elle est aujourd’hui salariée et co-gérante au sein de la direction générale collégiale de La Fourmilière, un supermarché coopératif à Saint-Etienne.

 

Après avoir suivi une formation juridique, puis exercé dans le milieu de la communication, et après de nombreux voyages, Anouck Alarcon souhaite s’engager dans le milieu de l’ESS, particulièrement pour une alimentation durable. Elle s’implique alors dans la coopérative et son projet d’ouverture de supermarché, d’abord en tant que bénévole. La formation à l’IRUP lui permet de reprendre ses études pour se relancer dans la vie active, tout en restant centrée sur son engagement. Elle y développe ses compétences et les mets directement en application à La Fourmilière qui ouvre en 2019. Une posture d’intrapreneur qui correspond bien à son projet professionnel et à ses valeurs.

 

Le statut national étudiant-entrepreneur

Le statut national d’étudiant-entrepreneur permet à tout étudiant ou jeune diplômé qui souhaite créer ou reprendre une entreprise d’être encadré au sein d’un PEPITE, un pôle étudiant qui accompagne les jeunes entrepreneurs. Ce statut qui s’adresse en priorité aux moins de 28 ans a pour objectif de les aider à mener à bien leur projet, dans les meilleures conditions possibles. Le PEPITE sélectionne les candidats éligibles au statut au vu de la qualité du projet (réalité et ampleur du projet) et du porteur de projet, et non sur les diplômes détenus par le candidat. La validation se fait par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. En plus d’un accompagnement poussé, le statut confère meilleure visibilité et crédibilité auprès des milieux sociaux économiques, notamment auprès des banquiers, fournisseurs et clients.